L'Epée de vérité, tome 3 : Le sang de la déchirure de Terry Goodkind
Ce cycle de fantasy semble laisser à ses lecteurs un sentiment très tranché. Soit on aime soit on déteste. En même temps à voir l’épaisseur de chaque tome, si on n'adhère pas on ne peut pas continuer la lecture de la série.
Personnellement j’avoue que j’apprécie un peu plus chaque tome, le premier étant de fait celui que j’aime le moins. Les personnages évoluent réellement de livre en livre et deviennent donc plus intéressants et complexes. Mais je comprends qu’on ne puisse pas aimer attendre la lecture de près de 1200 pages avant que l’histoire se lance réellement… Ce que je peux vous conseiller, si vous décidez de vous lancer dans cette aventure, c’est de dépasser le premier tome qui est celui le plus convenu et cliché, avec un début d’histoire d’amour un peu lourde à la longue. Mais une fois cette « introduction » de 700 pages passée l’histoire devient si bien rythmée que l’on se fait happer avec plaisir.
En ce qui concerne plus particulièrement ce tome j’ai apprécié une fois de plus le découpage des chapitres. On ne suit pas ici, comme dans beaucoup d’autres cycles (ou comme le premier tome), un groupe d’aventuriers dans ses aventures, mais plusieurs histoires parallèles avec ces personnages dispersés dans le monde. Cette trame multiple offre un grand dynamisme à la lecture et permet de complexifier l’histoire sans redondance. De plus pour que chacune de ces histoires soient prenantes l’auteur à dû faire un travail particulier sur les caractères et le charisme des personnages. J’aime la cohérence qu’il a su maintenir en eux, on est toujours étonné de comment l’histoire peut tourner en quelques pages mais jamais de la réaction d’un des personnages.
Bref, malgré les reproches qu’on peut faire à ce cycle : le gros méchant vraiment méchant oulala il est pas beau mais attendez y’a pire dans le tome suivant, le grand sage/magicien/mage qui arrache tout mais qui ne peut pas battre le boss de fin parce que bon c’est pas lui le héros du livre, l’histoire d’amour qui n’est pas possible puis possible puis contrariée…bref la bonne caricature de fantasy (mais en même temps en lirions nous autant si on aimait pas ça ??) , je me suis personnellement tellement attachée à certains personnages (Richard, Zedd et Gratch) que je continue avec plaisir cette lecture au kilo.
Les + : un monde très riche que l’auteur sait distiller progressivement sans nous assommer de Grutch à poils verts et de Zublonnoide serpentiformes toutes les deux lignes. Des personnages complexes et cohérents, oui Richard est parfois un benêt qui agit sans réfléchir mais il ne changera pas de caractère pour « arranger » l’histoire d’où parfois de très bonnes surprises pendant la lecture. Une multitude de sous histoires qui enrichissent l’ensemble. Tantôt drôle, dramatique, épique, on s’ennuie rarement. Les - : Un cycle long à démarrer. On ne peut pas aimer tout les personnages et la lecture de certains chapitres peuvent en devenir longuet. Un cycle très long qui demande donc du temps et de l’argent (car il n’existe que le tome 1 en poche) et dont chaque publication est assez espacée. Une histoire qu’on ne peut pas lire à la diagonale sous peine d’être larguée. Beaucoup de prénom à retenir.
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